Dans les années de liesse d'après guerre (1940-45), on l'entendait régulièrement par la radio chanter des partitions entraînantes avec l'orchestre célèbre de Jacques Hélian. Une simple fille d'ici avait réussi à Paris : quel prestige pour notre banale localité ! Localité que sa famille avait quittée pour Courcelles, soit, n'empêche qu'elle en était originaire, et qu'Armand Delforge * se souvenait très bien d'elle dont il avait été le condisciple à l'école primaire du Bois Renaud, à quelques centaines de mètres de Courriaulx.
Mais Armand, au moment où nous souhaitions lui demander de rapporter
ces souvenirs-là, ne le pouvait plus guère. Gérard
Roig heureusement est la précieuse mémoire "phonoscopique"
que Gérard ROIG nous a aimablement permis de reproduire ** :
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Francine CLAUDEL"J'ai bien connu Francine Claudel. Elle avait une belle voix et du talent. Je l'ai donc engagée pour un ou deux de mes spectacles. C'était alors une femme assez seule, peu entourée par les hommes..." (Robert Hossein) Encore une artiste qui nous vient de Belgique. Francine Vanderwalle était née en effet à Pont-à-Celles, le 15.02.1921. Se destinant à la comédie, elle quitte très tôt sa famille pour Bruxelles, puis pour Paris à la fin des années 30 où elle suit les cours de Gabrielle Fontan et de Raymond Rouleau, débutant au théâtre dans Le Mariage de Figaro, ainsi qu'au cinéma dans De Mayerling à Serajevo, film qui ne sortira qu'en mai 1940. A 19 ans, elle débute Chez Suzy Solidor. En décembre 1940, elle est au Monseigneur (94 rue d'Amsterdam), en février 1941 au Petit Cabaret (27 rue d'Artois). L'hebdo Vedettes, publiant son portrait le 1.02.41 signale qu'elle a fréquenté d'autres établissements du 8e arrondissement : Triolet, Chez Jane Stick, Trois Valses... En juillet 1941, le journaliste de Paris-Programme la remarque à la
Villa d'Este : Revenue dans un Paris libéré, elle fait une rentrée théâtrale aux Noctambules dans Western-Idylle le 24.05.45 et figure, en octobre, Chez Micheline Grandier (43 rue de Ponthieu). Odette Laure, qui se produit en même temps, raconte : "Je participais aux "Cinq-à-sept" de Micheline Grandier qui recevait les dames oisives de la bonne société parisienne pour des thés littéraires et poétiques..." Elle figure en couverture de Radio 46 le 27.01.46. Car, depuis le 1.12.45, elle remplace Francine Aubret chez Jacques Hélian grâce, peut-être, à Francis Blanche dont l'orchestre joue Le gros Bill. Il sera le premier à l'inviter à la radio, en octobre 1945, dans son émission : "Rythmes de jeunesse". Jacques Hélian rapporte ce témoignage de la revue Lui et moi : "Francine ne tient pas en place... sans cesse sa jupe blanche plissée s'épanouit autour d'elle comme la corolle d'une marguerite. Avec ses socquettes et ses cheveux fous, elle a l'air d'une écolière turbulente..." Pourtant, lasse des tournées incessantes, elle décide de poursuivre seule son chemin et fait à la radio le 26.01.47 d'émouvants adieux à l'orchestre. Ginette Garcin prend la suite. En dépit de fréquents passages sur les ondes : "La kermesse aux chansons", "Hier contre aujourd'hui"... sa carrière reste discrète. Votre Cinéma (n° du 15.07.47) nous apprend qu'elle tourne alors des films "publicitaires et capillaires". Elle semble s'orienter vers le cinéma et décroche un rôle important dans Tierce à cœur de son compatriote J. de Casembroot (sortie :10.12.47). Au cours de l'été 1947 elle épouse Robert Dalban (44 ans), l'un des inoubliables interprètes des Tontons flingueurs. Curieux et étonnant ménage, où il entrait sans doute plus d'amitié que d'amour... A la mort de l'acteur, quarante ans plus tard, elle n'assistera pas aux obsèques, mais enverra des fleurs... ce que ne fera pas Madeleine Robinson, sa précédente épouse... En avril 1948 Francine Claudel chante au Drap d'Or, avec Rose Avril. En 1950 elle tourne un court métrage Sirius Hôtel des Artistes qui sort durant l'été. En septembre 1951 elle est engagée au College-Inn (28 rue Vavin). En 1952, autre court-métrage, A toi de faire, Archibald (Maurice Cravenne), avec Mouloudji, "mise en film d'un opéra-bouffe représenté dans les caves de Saint-Germain-des-Prés' (La Cinématographie française). Elle habite alors 9 bis rue de Magdebourg (16e). Le 12.06.54 elle participe. à l'émission La Joie de vivre de Francis Blanche et, dans le film Marchandes d'illusion (Raoul André, 4.08.54) interprète la chanson Dans les yeux d'une femme. Fixée à Toulon elle aurait, selon René Renot, fini sa carrière comme assistante à la télévision... Elle est décédée le 15.12.1987. G. ROIG, DISCOGRAPHIE : La première partie de sa discographie est liée à celle de Jacques Hélian avec qui elle enregistra de mars 1946 à janvier 1947 une quinzaine de chansons dont Jo le cow-boy, Paris-Tour Eiffel, Le Porte-Bonheur, Jimbo l'éléphant, Samba, Samba, Le bal des copains, etc... Dany Lallemand nous aide à reconstituer ensuite un parcours
discographique plutôt erratique : © PHONOSCOPIES n° 49, janvier 2005 ** . |

* Armand DELFORGE, on
ne soulignera jamais assez, fut à l'origine de la poursuite
tenace de la
recherche historique locale. ↑
** Publication trimestrielle depuis treize ans, PHONOSCOPIES fait
l'inventaire fouillé du disque en France et de ses interprètes,
du 78 tours au microsillon avec des rubriques telles que
Potins et échos de PHONOSCOPIES; Discographie de ...; Discologie
de ...; Les disques 78 tours pour enfants; A la recherche des radios perdues;
Le théâtre en 78 tours; Le cinéma chantant français
en ..., Ils ont aussi enregistré des disques 78 tours, Du côté des
rééditions; A propos de ...; La parole est aux discographes;
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